Vous envisagez un passage à 80 % et la vraie question vous trotte dans la tête : combien restera-t-il sur votre compte ? La réponse tient en une formule. Votre salaire brut à 80 % égale votre brut temps plein multiplié par 0,80. Le net, lui, baisse d’environ 20 % par rapport au temps plein. Un salaire de 2 500 € brut devient ainsi 2 000 € brut, soit près de 1 560 € net avant impôt pour un non-cadre. Le reste de cet article détaille les chiffres exacts selon votre situation.
Quel salaire à 80 % ? La réponse en une formule

Le principe est proportionnel : à 80 % d’un temps plein, vous percevez 80 % du salaire prévu pour ce poste. La formule de simulation se résume à brut temps plein × 0,80.
Concrètement, 80 % correspond à 28 heures par semaine, soit 121,33 heures par mois (28 × 52 ÷ 12). Cette quotité reste la plus demandée en France, souvent pour libérer le mercredi des parents ou poser un vendredi non travaillé. Si vous hésitez avec une quotité plus basse, la même logique s’applique au calcul d’un salaire à 60 %, avec un coefficient de 0,60 au lieu de 0,80.
Quelques repères selon votre brut temps plein :
- 2 000 € brut deviennent 1 600 € brut à 80 %
- 2 500 € brut deviennent 2 000 € brut
- 3 000 € brut deviennent 2 400 € brut
- 4 000 € brut deviennent 3 200 € brut
Du brut au net : ce que vous touchez réellement à 80 %
Le brut ne dit pas tout. Pour un salarié non-cadre, les cotisations sociales représentent environ 22 % du brut en 2026. Votre net avant impôt se calcule donc en multipliant le brut par 0,78 environ. Sur 2 000 € brut à 80 %, il reste autour de 1 560 € net. Pour affiner votre estimation à partir de votre propre bulletin, vous pouvez aussi convertir votre brut en net avec un simulateur en ligne en quelques clics.
La perte par rapport au temps plein suit la même logique. Sur une base de 2 500 € brut temps plein, le passage à 80 % coûte près de 390 € net par mois, soit environ 4 680 € sur l’année. Ce manque à gagner mérite réflexion avant de signer l’avenant.
Exemples de net à 80 % selon votre salaire
Le tableau suivant donne le net mensuel estimé pour un non-cadre, ainsi que la perte par rapport au temps plein.
| Brut temps plein | Brut à 80 % | Net à 80 % | Perte nette/mois |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | 1 600 € | 1 248 € | 312 € |
| 2 500 € | 2 000 € | 1 560 € | 390 € |
| 3 000 € | 2 400 € | 1 872 € | 468 € |
| 3 500 € | 2 800 € | 2 184 € | 546 € |
| 4 000 € | 3 200 € | 2 496 € | 624 € |
Ces montants reposent sur un coefficient net de 0,78. Un cadre voit ses cotisations grimper un peu, ce qui réduit légèrement le net affiché.
Le SMIC à 80 % en 2026
Au salaire minimum, la simulation change de point de départ. Le SMIC brut 2026 s’établit à 1 867 € par mois pour 35 heures, sur la base d’un taux horaire de 12,31 €. À 80 %, le brut tombe à environ 1 494 € par mois, soit près de 1 138 € net avant impôt.
Un salaire net réduit ouvre parfois un droit complémentaire. Si vous gagnez moins de 1 900 € net environ en étant seul, vous pouvez prétendre à la prime d’activité versée par la CAF. Pour un salarié au SMIC à 80 %, elle représente souvent 100 à 150 € par mois, de quoi compenser une partie de l’écart.
Fonction publique : pourquoi 80 % rapporte 85,7 %
Voici l’angle que beaucoup ignorent. Dans la fonction publique, le 80 % et le 90 % échappent à la stricte proportionnalité grâce à une sur-rémunération.
Un agent travaillant à 80 % perçoit 85,7 % de son traitement, et 91,4 % à 90 %.
Travailler quatre jours sur cinq tout en touchant près de 86 % du salaire reste donc nettement plus avantageux que dans le privé. Les cotisations sociales y sont aussi plus légères pour un titulaire (autour de 17 %), ce qui gonfle encore le net proportionnel. Ce 80 % public se décline en temps partiel de droit (enfant de moins de 3 ans, aidant, handicap) ou sur autorisation du supérieur.
Temps partiel à 80 % et retraite : le point à vérifier
La simulation de salaire oublie souvent un effet de long terme. À 80 %, vous validez sans peine vos quatre trimestres annuels : il suffit de cumuler environ 7 212 € brut sur l’année, un seuil largement atteint même au SMIC.
Le risque se situe ailleurs. La pension se calcule sur la moyenne des 25 meilleures années de revenus. Des années à 80 % avec un salaire réduit pèsent donc sur le montant futur. Pour neutraliser cet effet, vous pouvez demander la surcotisation : vous et votre employeur cotisez sur une base temps plein reconstituée. Cette option exige un accord écrit, que l’employeur reste libre de refuser.






