Le groupement momentané d’entreprises (GME) est un accord temporaire entre plusieurs sociétés pour présenter une offre commune sur un marché, principalement public. Pas de nouvelle entité juridique, pas de capital à libérer, pas d’immatriculation : le GME repose sur une convention privée et s’éteint une fois le contrat exécuté.
Pour un dirigeant de PME ou un indépendant, c’est souvent la seule façon d’accéder à des marchés trop grands pour être traités seul.
Qu’est-ce qu’un GME ?
Un GME réunit plusieurs opérateurs économiques qui décident de candidater ou de soumettre une offre commune pour un marché déterminé. Chaque membre reste cotraitant direct avec l’acheteur, à la différence de la sous-traitance où seul le titulaire principal contracte.
Trois caractéristiques définissent le GME :
- Pas de personnalité morale : le GME ne peut pas contracter en son nom, ni embaucher.
- Durée limitée : il naît avec le marché et disparaît à son terme.
- Un mandataire désigné : interlocuteur unique de l’acheteur, il coordonne le groupement pendant toute l’exécution.
Sur le plan fiscal, chaque cotraitant est imposé sur le résultat de sa propre prestation. Il n’y a pas de bénéfice global du GME à répartir.
GME conjoint ou solidaire : quelle différence ?
GME conjoint ou solidaire
Le choix de la forme détermine le niveau de risque porté par chaque membre.
Le GME conjoint
Chaque entreprise n’est responsable que de la partie qu’elle exécute. Les prestations sont divisées en lots et l’acheteur ne peut pas exiger d’un membre qu’il compense la défaillance d’un autre (sauf clause spécifique).
Variante fréquente : le GME conjoint avec mandataire solidaire. Les cotraitants restent engagés sur leur lot, mais le mandataire répond solidairement de l’ensemble du marché. C’est la formule la plus utilisée par les PME.
Le GME solidaire
Chaque membre est engagé pour la totalité du marché, même au-delà de sa propre prestation. Si un partenaire est défaillant, n’importe quel autre membre peut être contraint de pallier. Cette forme offre une sécurité maximale à l’acheteur, mais fait peser un risque élevé sur les entreprises du groupement.
Comment constituer un GME en pratique ?
La constitution d’un GME ne requiert aucune formalité administrative lourde. En revanche, la convention de groupement est la pièce centrale à soigner.
Elle doit préciser au minimum :
- la répartition des lots et des responsabilités entre membres
- les pouvoirs du mandataire (coordination, signature, interlocution)
- les modalités de facturation et de règlement des litiges internes
- les règles en cas de défaillance d’un membre
- les conditions de sortie ou de dissolution anticipée
En marchés publics, le cadre juridique est fixé par le Code de la commande publique, notamment les articles R.2142-19 et suivants. L’acheteur ne peut pas imposer la forme du groupement au stade de la candidature, mais peut exiger la forme solidaire après attribution si cela est motivé dans le dossier de consultation. Parmi les documents que vous aurez à analyser pour répondre à un appel d’offres, le cahier des clauses techniques particulières détaille les exigences précises attendues par l’acheteur sur chaque lot.
Pour les marchés privés, le GME relève de la liberté contractuelle.
Quand un GME vaut-il le coup pour un dirigeant ?
Le GME répond à plusieurs situations concrètes pour des structures de taille limitée :
- Accéder à un marché trop grand : volume, montant, références ou certifications exigées dépassent vos capacités seul.
- Proposer une offre complète : BTP multi-corps de métier, IT avec hébergement + sécurité + formation, conseil pluridisciplinaire.
- Tester une collaboration sans s’engager dans une fusion ou une association durable.
- Renforcer votre crédibilité : les capacités techniques et financières du groupement sont appréciées globalement par l’acheteur.
Points de vigilance à ne pas négliger :
- Choisir des partenaires solides financièrement et techniquement, car leur défaillance peut avoir des conséquences directes sur vous.
- En GME solidaire, vous pouvez être amené à absorber la part d’un autre membre.
- Une convention mal rédigée crée des angles morts sur la gouvernance et les litiges.
Le GME reste l’un des outils les plus souples pour gagner des marchés structurants sans alourdir votre structure. À condition de bien calibrer la forme choisie et de sécuriser la convention dès le départ.






